Le Pr S. Dupont (Unité d’épileptologie, Pitié-Salpêtrière) propose une mise au point sur les données récentes concernant l’exposition paternelle au valproate (VPA) au moment de la conception
Ce que disent les études
Les données scientifiques récentes sont encore contradictoires. D’un côté, les études PASS (commandée par l’EMA) et SNDS françaises (EPI-PHARE) signalent un sur-risque modéré de troubles neurodéveloppementaux (TND) chez les enfants nés de pères traités par VPA — notamment un risque de trouble du développement intellectuel deux fois plus élevé. De l’autre, deux études danoises et une étude norvégo-taïwanaise, aux méthodologies plus robustes, ne retrouvent pas ce sur-risque une fois les biais contrôlés. Aucune étude ne met en évidence de risque malformatif.
Recommandations pratiques
Dans l’attente de données définitives, le principe de précaution s’applique avec discernement : le VPA ne doit pas être introduit en première intention chez un homme en âge de procréer, mais son maintien reste justifié en cas d’échec des alternatives. Pour tout patient sous VPA souhaitant concevoir, une information claire, une tentative de remplacement thérapeutique et, si nécessaire, une fenêtre thérapeutique encadrée sont recommandées.